Banal: J’ai vécu une rupture. Il m’a quittée. C’est un fait.

Là, je te parle de ces jours où je me sentais coincé.e. Mais vraiment. Comme si j’étais en prison. Dans mon corps, c’était tout brouillé, une sorte d’amas de blocages, de tensions, de noeuds… Dans mon coeur, c’était tout serré, tout fermé, tout givré. Dans ma tête, un brouhaha, des pensées dans tous les sens, la même histoire en boucle, sous toutes les coutures…

C’était à devenir dingue. Et pourtant, les jours s’enchaînaient, les mois passaient et ça continuait. Je ne m’en sortais pas.

Cette rupture était devenue ma drogue. Ma prison. Un endroit familier. Je passais des heures à rejouer la ou les scènes dans ma tête. J’étais enfermée dans ce sujet (plus exactement, je m’étais enfermée dans ce sujet).

J’ai passé des mois à ne parler que de ça, à ne penser qu’à ça. A me lever avec, à passer la journée avec, à m’endormir avec cette histoire de rupture.

Au début peut-être important et libérateur. Mais au bout d’un moment, j’ai senti que cela basculait dans l’envahissant et l’inutile.

D’abord, je me suis posée une question:

Qu’est-ce que je gagne à rester dans cette situation?

Et oui, j’avais conscience qu’en général, on ne se fait pas du mal abruptement, il y a une raison, et cette raison peut être qu’in fine on voit des avantages, même inconsciemment, à notre situation.

Si je me raccrochais à ce qui s’était passé, c’était peut-être qu’il existait des aspects qui me plaisaient…

J’avais le beau rôle? J’étais la victime? J’étais à plaindre?

Ça me prenait tellement de temps et d’énergie de donner toute mon attention (sous forme de reproches…) à l’autre… que je n’avais ni temps ni énergie pour aller voir en moi ce qui se passait?

Peut-être que je n’en avais pas envie?

Un déclic m’a permis de passer à autre chose.

J’ai réussi à me libérer et passer à autre chose, un état d’esprit plus constructif, une nouvelle vie, meilleure car enrichie de ces expériences et prises de conscience passées. J’ai changé une chose.

J’ai réalisé que je ne rejouais pas seulement les faits

Les faits, c’est ce qui est arrivé, ce qui n’est pas discutable, qu’on ne peut remettre en question.

Mais j’y associais systématiquement des pensées (que je prenais aussi pour la réalité).

Par exemple, je rajoutais à l’histoire:

(Dans ma tête), à mon sujet: « ça veut dire que je ne suis pas à la hauteur », « Je suis nulle », « Je ne suis pas aimable »…

ou bien au sujet de l’autre:  « Il ne me respecte pas », « Il m’en veut ».

Je n’étais plus dans les faits. J’exprimais mon interprétation des faits, mes suppositions, mes croyances…

Et c’est là qu’il y a une clef, qui m’a permis de me libérer (sortir de ma prison mentale)

Je ne pouvais pas changer les faits…

Mais j’avais le choix de changer les pensées que j’avais associé aux faits. 

Vois-tu la différence? « Je suis nulle », c’est moi qui l’ajoutais.

En changeant mes pensées, j’ai généré de nouvelles émotions, un nouvel état d’être, une nouvelle vibration, et attiré dans ma vie de nouvelles situations.

Ça a été une première libération. Et je me suis sentie mieux: Libre, et créatrice de la suite de l’histoire.