Sept jeux pour favoriser la complicité … et se sentir vivant·e!

Rires, chahuts, corps à corps… pour tous les âges, vraiment. Il n’y a selon moi rien de plus essentiel que jouer et rire avec ses enfants. Le reste est dérisoire, quand on y pense. Une fois bien rechargé d’amour et d’attention, l’enfant se sent mieux, et peut faire un jeu seul·e ou avec sa soeur ou son frère. Joue de bon coeur (ça te fera du bien aussi), puis continue ta vie de « grande personne sérieuse » (ou pas?). Si tu es lancé·e, tu peux aussi cuisiner, étendre le linge, balayer, ranger, conduire, manger, … en jouant! Parce que: Pourquoi pas?

Le jeu est vraiment efficace pour faire circuler l’amour et l’humour…

Utilise le jeu pour te rapprocher de tes enfants! Adapte-toi à leur âge, donne le ton (« L’amour et l’humour, c’est tout ce qui compte »), garde en tête que tu nourris le lien et que de bons souvenirs sont en train de se créer. Le jeu est encore trop souvent l’occasion d’humilier l’enfant, de le rabaisser, de montrer sa force, de lui faire vraiment peur… dommage, il est un si bon liant! Sois le parent qui veille à la sécurité et à la bienveillance! (Entre parenthèses, les guilis, faut arrêter, ce n’est en rien un jeu bienveillant!).

Tu trouveras ci-dessous, issues des coulisses de mon quotidien avec mes enfants, sept idées de jeux… aussi simples que joyeux! Amuse-toi, lâche-toi, tout le monde y gagne! (oui, le monde aussi y gagne, j’en suis convaincue!)

Trois « personnages » (avec enfants de tous âges)

qui s’invitent quand le coeur m’en dit (si, si… et mes enfants ont 16 et 18 ans ;) Il n’y a pas d’âge pour jouer, je vous dis.

La p’tite bête

Un jeu de mains simple: Annulaire et auriculaire appuyés sur le pouce donnent une bouche à une p’tite bête imaginaire… L’index et le majeur forment ses oreilles… Elle parle d’une voix fluette, et… a toujours faim ! Ses plats préférés (attention, âme sensibles, s’abstenir!): la boule de tissu dans le nombril, les crottes de nez, le miel des oreilles… Elle fait semblant d’attraper tout ça!

Voilà un petit personnage qui nous a amené à tant de jeux, et de rires, dans tout un tas de situations: dans la salle d’attente du dentiste, dans la file du magasin, quand un enfant est fâché ou a mal (la p’tite bête vient le consoler), quand il y a du stress, ou juste une envie de jouer.

Il n’y a pas d’âge pour jouer avec la p’tite bête, et chacun·e a deux p‘tites bêtes, qu’il elle peut faire vivre à sa manière… Les p’tites bêtes se rencontrent, s’embrassent, se répètent qu’elles ont faim (leur seule préoccupation)… , cherchent à manger « chez » l’autre (s’approchent des oreilles, du nez, du nombril!).

Max, le gros toutou pataud

Max, c’est le gros toutou bien pataud qui vient réveiller l’enfant le matin ou qui arrive de façon impromptue quand on s’apprête à se saluer. Bien sûr, il halète ostensiblement, remue l’arrière-train, tiens ses pattes vers le haut puis bondit maladroitement sur l’enfant pour lui lécher le visage et le cou (ou essayer!), comme un grand chien quoi! Les enfants l’adorent, et le fuient en même temps! Toujours sentir si c’est le bon moment pour l’enfant (parfois c’est lui qui n’a pas envie de jouer).

Tante Gilda, la vieille tante (qui fait des bisous… baveux)

Gilda, c’est la vieille tante qui fait un baiser tout collant! (Y’en a des comme ça). Elle a la voix chevrotante et les yeux plein d’amour d’une gentille vieille dame… « Viens me voir mon petit, que je t’embrasse », et elle enveloppe l’enfant de ses grands bras mous, et dépose un bisou très très mouillé sur la joue (ou essaie en tout cas! … les enfants ne se laissent pas faire ;). Tante Gilda ne voit pas le problème, et a un air étonné « Pourquoi tu ne viens pas voir Tante Gilda? »

Bienveillance, toujours, il ne s’agit pas de forcer l’enfant, mais de jouer avec la peur de ce baiser gluant dont il n’a pas du tout envie. La mamie poursuit l’enfant au ralenti, sur ses jambes flageolantes, en répétant « Juste un petit bisou »… Nous, ça nous fait beaucoup rire.

Jeux de chahut (là aussi, enfants de tous âges!)

Karaté chaussettes

(trouvé dans l’excellent livre « Jouons ensemble autrement » de Catherine Dumonteil-Kremer)

Le grand jeu de chahut des jours de pluie: Sur un lit ou un grand tapis, en chaussettes, à deux, voire trois ou quatre. But du jeu: Attraper les chaussettes de l’autre! Celui qui en attrape le plus a gagné! (Celui qui n’a plus de chaussettes est éliminé pour cette manche). L’adulte est là pour veiller à ce que personne ne se fasse mal, et est censé faire un drame énorme quand on lui pique une chaussette.

Dans la bienveillance, toujours, en laissant l’enfant petit avoir la satisfaction d’attraper des chaussettes (je mettais l’air de rien de larges chaussettes en laine, un peu plus faciles à tirer). Il va de soi que quand les enfants grandissent, on n’a plus besoin de les laisser gagner: Ils ont de la pratique, de l’agilité, de la force, et ont vite fait de se ruer sur nos chaussettes. Simple, bon, encore mieux avec la famille au complet en rituel du dimanche matin!

La force basque

Alors que nous sommes sur un lit ou dans le canapé, j’entoure tout à coup mon enfant de mes gros bras musclés (!) (au niveau des coudes). Il a pour mission d’essayer de s’extraire, de se libérer! Bien sûr, je serre au début (j’ai la force basque), puis laisse doucement se faufiler l’enfant entre mes bras, plus ou moins rapidement selon son âge, et son envie de jouer! Et puis, c’est mon tour d’être tenue, et de faire semblant de ne pas pouvoir m’échapper (maintenant que mon fils a 16 ans, je ne fais pas semblant !)

Le « judo »

Rien à voir avec le sport qu’on connaît. Enfin, il s’agit quand même d’une sorte de « combat ». Sur un lit, matelas au sol ou un tapis. On commence par un salut très sérieux en s’inclinant devant l’autre (nous, on dit « Mitakuye oyasin », ce qui n’a rien à voir, mais justement, ça nous met dans un état d’esprit de rigolade). Ensuite, il s’agit d’essayer de faire toucher les épaules de l’autre sur le matelas.

Selon l’âge, toujours, mesurer sa force et laisser gagner l’enfant de temps en temps. Quand mon fils était plus jeune (entre 8 et 14 à peu près), nous faisions par exemple dix combats (je l’annonçais avant!). On peut aussi mettre un chronomètre pour que le temps de jeu soit annoncé à l’avance… (je crois que c’est rassurant pour le parent, qui peut se donner à fond… en sachant qu’il y a une fin!). Cinq minutes peuvent déjà bien défouler et recharger les batteries (car il va de soi que l’on termine, tout essoufflés, dans un énorme câlin!)

Là, j’te chope!

Course poursuite en pleine conversation! Une sorte de « loup » ou « chat », finalement.

Idéal dans la nature, et encore plus sur la plage, où l’on peut tomber, sur le sable ou dans l’eau. L’air outrée, j’en rajoute, et c’est l’occasion d’un bon sprint, puis d’un grand câlin, encore!

J’espère que ces idées t’inspirent. Mais surtout fais confiance à ta propre créativité, envie, sensibilité. Ce qu’il manque souvent, ce ne sont pas les idées! On a plutôt tendance à se persuader que c’est le temps qu’on n’a pas… (et pourtant, combien de temps par jour passons-nous à nous chamailler? ).

Allez, ose mettre du jeu et de la légèreté dans ta vie avec tes enfants (et dans ta vie tout court). Le reste est dérisoire, tellement.

Et toi, à quoi joues-tu avec tes enfants? Partage en commentaire tes jeux favoris (surtout ceux que tu as inventés!), ça me plairait beaucoup de les découvrir.